Pour répondre au double besoin d’évolution constante de la définition du système au cours du processus d’ingénierie et de répartition du travail entre de multiples acteurs, il est nécessaire de préciser la version du référentiel à partir duquel les différentes équipes peuvent travailler, et de maintenir à jour ce référentiel en gérant les impacts de toutes ses modifications. C’est le rôle de la gestion de configuration. Un document est mis en configuration lorsqu’il est suffisamment stable pour servir de référence à d’autres que ses auteurs. Toute évolution ultérieure de ce document doit faire l’objet d’un processus de gestion de la modification: tous les impacts sont analysés préalablement à l’autorisation de modification, la mise en configuration des modifications correspondantes nécessite, après validation technique, l‘approbation formelle de l’autorité de configuration.
La configuration est composée d’articles de configuration, agrégations de matériel, de logiciel ou mixtes, que l’on a désignés pour être traités de manière unitaire dans le processus de gestion de configuration. Au fil des phases du processus d’ingénierie appliqué de manière itérative sur les différents niveaux de l’arborescence système, on distingue, pour chaque article de configuration, plusieurs références de configuration, par exemple :
- une référence de conception constituée des spécifications initiales approuvées régissant le développement,
- une référence de réalisation constituée de la documentation de conception approuvée régissant la réalisation,
- une référence de production constituée des dossiers de fabrication approuvés.
Après mise en service opérationnelle, on distingue la configuration applicable à tout nouvel exemplaire et, pour les besoins de la maintenance, la configuration appliquée à chaque exemplaire existant.
Le processus de gestion de configuration comporte des activités
- de planification du processus et d’identification de la configuration,
- d’enregistrement des informations relatives aux objets gérés en configuration,
- de maîtrise des évolutions avec le sous-processus de gestion des modifications et la gestion des versions,
- d’audits pour vérifier la conformité et la cohérence des référentiels de configuration.